Production : Cie Ea Eo
De et avec Eric Longequel
Dans ma piscine est une poésie circassienne, une ode à la perte de gravité. L'eau bouleverse les numéros traditionnels du cirque, comme le jonglage, ici transformé en pêche aux boules flottantes, ou la chute inversée, où le glissement classique du clown devient une résistance à l'attraction implacable de la surface pour remonter. La comédie rencontre les courants. Des balles rouges vives et des animaux en ballons dansent sur une musique funky.
L'eau métamorphose l'espace de représentation en un environnement d'un autre monde, invoquant une suspension des lois de la physique qui règnent sur l'espace occupé par le public terrestre. L'invisible devient visible, l'air prenant forme en anneaux de bulles qui mènent une vie vacillante qui leur est propre.
Le temps semble ralenti, comme si le numéro de cirque était un enregistrement rejoué à moitié vitesse. La respiration est suspendue. Tout est en constante révolution (les pieds et les mains jonglent avec les objets de manière interchangeable). L'attention est captée par les moindres détails, comme ces minuscules bulles d'air qui s'échappent très lentement pour flotter vers la surface. Les objets tombent sans vie au fond, puis reprennent vie grâce au souffle de l'artiste.
Les propriétés de l'eau s'expriment pleinement : poids et légèreté, vagues, émerveillement. – A. Street








