La mémoire de l’eau

Production : Compagnie Pernette

Choreographe : Nathalie Pernette assistée de Regina Meier

Une brume flotte au-dessus d'une piscine vide tandis que le public entre pieds nus, légèrement perturbé, mais surtout charmé par cette expérience déjà atypique. Puis arrivent les danseuses. Quatre femmes sereines, vêtues de noir, se dirigent vers le fond de la piscine et commencent à bouger, chacune dans son espace. Des combinaisons variées de une, deux, trois et quatre personnes exécutent des sections de chorégraphie inspirées par l'eau, tandis que la piscine intacte offre des reflets parfaits à leurs pieds : quatre silhouettes à l'envers qui se joignent à la danse. Il n'y a aucun contact physique entre les corps ou avec l'eau jusqu'à ce qu'une éclaboussure vienne enfin rompre la séparation et que l'ambiance pensive se transforme en joie.

Nous passons à un autre bassin, plus petit, moins profond, plus intime. Ici, les danseuses s'enfoncent complètement dans l'eau et nous pouvons voir leurs expressions faciales alors qu'ils s'adonnent aux joies enfantines d'une bataille d'éclaboussures. Le ton change à nouveau lorsqu'un jeu consistant à grimper hors du bassin et à y retomber s'intensifie jusqu'à ne plus être un jeu. Du sang coule dans l'eau, et les danseuses se noient, halètent et s'agitent les uns après les autres, encore et encore, avant de réapparaître sous la forme de monstres marins fantastiques.

Nous revenons à la grande piscine pour une séquence avec une immense longueur de tissu blanc qui enveloppe, engloutit, relie – une voile ? un voile ? ou la représentation d'une vague qui ondule entre les danseuses, les obscurcissant parfois, les submergeant parfois. Enfin, il est entassé en monticules sculpturaux le long du bord de la piscine, et les danseurs glissent dans l'eau pour flotter immobiles, sans vie ou simplement paisibles. Un lourd silence s'installe jusqu'à ce que, timides puis tumultueux, les applaudissements éclatent. – I. Borrell

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