Production : Cie Sacékripa
De et avec Benjamin De Matteis & Mickael Le Guen
Par une belle journée chaude, dans une paisible ville de province suisse, les gens commencent à se rassembler au bord de l'Aar, près d'une affiche annonçant le spectacle de Cie Sacékripa, Surcouf. Une plateforme en bois flotte doucement sur l'eau, amarrée à plusieurs mètres du rivage. Un petit bateau, à peine assez grand pour les deux hommes qui s'y trouvent, apparaît à gauche et rame vers nous. Ils montent péniblement sur la plate-forme pour déployer fièrement l'affiche annonçant leur spectacle, qui a manifestement déjà commencé. À part un haut-parleur dangereusement placé sur la plateforme qui diffuse de la musique au bon moment, le duo joue en silence dans un style burlesque tandis que la foule rugit de rire.
La plateforme a clairement été conçue pour basculer de manière dramatique au moindre déplacement de poids, un aspect largement exploité par les artistes. Dans les séquences partagées entre la plateforme instable et le bateau fragile, l'équilibre sur les bords glissants et inclinés d'objets partiellement submergés anime le numéro. Les acrobaties sur le bois mouillé sont exécutées de manière délibérément maladroite, ce qui conduit inévitablement les artistes à être trempés et à éclabousser tout le monde. Se sortir mutuellement de l'eau, les pieds en premier, dans une scène hilarante, provoque les cris de joie des enfants qui regardent. Le grand final consiste en une parodie mise en scène d'un spectacle de natation synchronisée, avec un spectacle aquatique improvisé à l'aide de deux tuyaux en caoutchouc ridicules et d'une pompe à main.
L'eau est ainsi mise en avant comme un élément résolument instable, peu fiable pour permettre à quiconque de rester debout, mais particulièrement propice à rester vigilant, capable de s'adapter à des surfaces glissantes et en constante évolution. – A. Street








