Création : Circus Baobab
Distribution: Temal Productions
Yé ! (L’eau) fait entrer le cirque dans le théâtre et met en avant l'eau comme un élixir glissant, insaisissable et convoité que le public européen considère généralement comme acquis. Les acrobates du Cirque Baobab nous emmènent dans un voyage à travers les continents et les générations, un voyage qui gravite autour de l'omniprésente bouteille d'eau en plastique, transformée en accessoire de scène polyvalent.
Des répliques vides et écrasées envahissent la scène, leur douceur translucide présentant une esthétique contrastée et dérangeante : une mer de plastique, l'eau remplacée par des récipients désormais vides, la surabondance du manque. Le contraste s'étend également au niveau pratique, car les bouteilles aplaties servent à la fois de sol glissant et de tapis de protection pour les acrobates. Une figure matriarcale tenue (littéralement) en haute estime boit victorieusement à une bouteille pleine alors qu'elle est à la fois portée et poursuivie à travers la scène. Objet évident de beaucoup d'envie, les bouteilles d'eau pleines sont lancées et passées d'un côté à l'autre dans des scènes de lutte violentes par ceux qui trouvent que l'eau est toujours hors de leur portée.
Parfois, les bouteilles pleines sont utilisées comme armes pour matraquer les agresseurs, lancées comme des projectiles vers une cible ou vénérées dans un rituel imprégné de techno. À d'autres moments, les combats prennent soudainement un caractère fraternel, la chorégraphie entremêlant conflit et complicité avec des rebondissements surprenants. Des clans se forment, des territoires sont marqués, des pyramides humaines sont construites, jusqu'à ce que toutes les bouteilles soient vides et qu'une recherche effrénée mais vaine mène au désespoir. À ce stade, les bouteilles en plastique vides sont rassemblées dans un grand filet de pêche et brandies pour attraper les immigrants plongeurs qui se jettent dans les profondeurs.
L'eau revient à la fin et est distribuée au public dans des bouteilles pleines et immaculées. – A. Street








