Production : Early Morning Opera
Conception & mise en scène : Lars Jan
Chorégraphie : Geoff Sobelle
Un réservoir se remplit lentement d’eau, tandis qu’à l’intérieur, une artiste tente de poursuivre une tâche simple : lire le journal, jouer de la guitare ou nettoyer le réservoir. Cela devient impossible : tout se remplit d’eau, tout commence à flotter, les vêtements virevoltent et tourbillonnent, et finalement, la personne se retrouve complètement immergée, apparemment sans être perturbée. Les spectateurs s’efforcent de maîtriser leur inquiétude, « c’est une performance, elle va bien », jusqu’à ce que l’artiste remonte finalement à la surface pour reprendre son souffle, ou que le niveau de l’eau redescende. Il est difficile de rendre compte de la poésie qu’il y a à regarder une personne tenter calmement d’accomplir une tâche alors que l’eau transforme son univers, modifie la nature de tout ce qui s’y trouve et pose une menace existentielle. S’agit-il de scènes de noyade ou de scènes de vie ?
L'étrangeté de cet appareil aquatique contraste avec les scènes familières de la vie quotidienne qui se déroulent, dans l'insouciance, à l'intérieur du bassin. Alors que la montée des eaux opère la transition d'un environnement chaleureux et familier vers un environnement mortel, l'action humaine est éclipsée, d'une manière étrangement ambiguë, par la présence magnifiquement paradoxale de l'eau. L'incohérence entre cet oubli si calme et paisible et la perte d'un environnement propice à la respiration reflète habilement nos propres attitudes contradictoires face à une catastrophe imminente.
Depuis sa création en 2014, année où il a été présenté pour la première fois lors d’une représentation de 12 heures dans le cadre du festival Nuit Blanche de Toronto, Holoscenes a été joué dans divers endroits à travers le monde, notamment à New York, Montréal et Abou Dhabi. – A. Street & I. Borrell







